Analyses

Limites des croyances : le Pr Toussaint commente la dernière étude de l'Institut Pasteur Abonnés

Pour Bas les Masques, le professeur Jean-François Toussaint livre une analyse sans concession sur les limites de l'utilisation des modélisations, et notamment celle utilisée par l'Institut Pasteur affirmant qu'une vaccination à hauteur de 90% est nécessaire pour un retour à la vie normale.

Limites des croyances : le Pr Toussaint commente la dernière étude de l'Institut Pasteur
Le 9 avril 2021

À force de croire à la puissance infiniment croissante des algorithmes, peut-on encore poser la question des limites d’une démocratie fondée sur la modélisation ? [1] Un article court, non relu par ses pairs au 6 avril [2] et testant différentes catégories de couverture vaccinale en contexte incertain, vise à éclairer de futures décisions publiques. Les conséquences de ces dernières seront comme toujours beaucoup plus vastes que leur seule dimension sanitaire.

Dans ces simulations, tout se base à nouveau sur la « crainte d’une augmentation du R0 ». Serait-il de trois, de quatre ou de cinq doigts mouillés ? Il faut en effet savoir que, la plupart du temps, les réductions des taux de transmission sont des paramètres qui ne résultent pas « naturellement » des algorithmes mais, au contraire, les nourrissent. Ces contraintes, imposées au départ des modèles, justifient ensuite secondairement la prévention des scénarios catastrophes qu’on voulait croire inévitables.

C’est ainsi que ces modélisateurs ont tenté de justifier le deuxième confinement en raison de l’arrivée à l’automne 2020 de 9000 patients en réanimation « quoi qu’on fasse », alors que le pic de contaminations fut enregistré le jour même de l’annonce de ce 2ème enfermement. Ils ont ensuite, et tout au long de l’hiver, affiché la quasi-certitude d’envolées exponentielles des cas et donc, en conséquence immédiate, des décès. Or ces hypothèses ne se sont tout simplement pas matérialisées et, surtout pour la dernière (la plus importante pour évaluer l’impact d’une épidémie), en l’absence de tout confinement. Ne s’y est substituée que la démonstration d’une incapacité d’organiser l’activité de certains services hospitaliers parisiens (sur laquelle il va bien falloir un jour se concentrer). Fallait-il de nouveau subordonner la réclusion de la Bretagne - et d’un très grand nombre de départements non concernés - à ce seul prétexte francilien...

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