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Législatives : fin de règne pour le macronisme ? Abonnés

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Deux mois après la réélection en trompe-l’œil d’Emmanuel Macron, l’échec de la majorité présidentielle aux élections législatives marque une volonté de rompre avec une méthode de gouvernement qui ne laisse aucune place à l’opposition. Les Français ont-ils retrouvé leur démocratie ?

Législatives : fin de règne pour le macronisme ?
Le 20 juin 2022

La technocratie hyper-présidentielle n’est donc pas invincible. Hier soir, les Français qui se sont rendus aux urnes — seulement 46,23% des inscrits — ont montré à Emmanuel Macron l’étendue toute relative de sa légitimité en refusant de lui octroyer une majorité absolue. Avec seulement 245 sièges, les députés centristes Ensemble devront composer avec 131 députés de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (NUPES) d’après le ministère de l’Intérieur — cette dernière en revendique deux supplémentaires —, 64 députés Les Républicains (LR) et Union des Démocrates et des Indépendants, mais surtout ceux du Rassemblement National (RN). Le parti de Marine Le Pen a effectué une percée monumentale puisqu’il est passé de 8 à 89 députés, et ce sans coalition ni proportionnelle. Ce qui en fait le premier parti politique d’opposition si l’on passe outre les alliances, puisque La France insoumise seule n’en a obtenu que 72. Le coup politique réalisé par Jean-Luc Mélenchon s’est donc avéré moins fructueux qu’espéré, puisque la NUPES n’a pas réussi à obtenir la majorité.

Mais la plus grosse déconfiture reste cependant celle du parti présidentiel. Car dans le détail, La République en marche (qui doit changer son nom en Renaissance) a décroché seulement 170 sièges — une hécatombe au regard des 308 sièges pris en 2017 —, en laissant 76 au MoDem, 26 à Horizons (le parti d'Edouard Philippe) et 3 au Parti radical. De quoi déstabiliser le parti d’Emmanuel Macron, alors que la question de sa succession en tant que figure politique de l’extrême centre risque de se poser très rapidement. En plus grande majorité que prévu, les Français ne veulent plus de LREM, ce qui laisse penser qu’il y aura probablement du remous au sein même du groupe Ensemble.

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