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Quand la Chine étouffe une contestation en détournant le pass sanitaire Abonnés

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Plusieurs informations et témoignages révèlent que le pouvoir chinois a utilisé son système de surveillance sanitaire pour étouffer une contestation à l’encontre de banques locales ayant bloqué des comptes sans raison apparente.

Quand la Chine étouffe une contestation en détournant le pass sanitaire
Le 15 juin 2022

Ce n’est pas la première fois que des « outils sanitaires » sont détournés à des fins politiques. Depuis mi-avril, trois banques locales dans la province chinoise du Henan ont gelé au moins 1,2 milliard de yuans (171,6 millions d’euros) de dépôts, selon l’agence Reuters, empêchant les entreprises de payer leurs employés et les particuliers d’accéder à leurs économies. D’après le magazine Caixin, qui explique que ces banques locales ont des clients dans toute la Chine, ce montant pourrait atteindre 1,5 milliard de dollars. Se contentant d’affirmer mettre à jour leurs systèmes internes, la Yu Zhou Xin Min Sheng Village Bank, la Shangcai Huimin Country Bank et la Zhecheng Huanghuai Community Bank n’ont donné aucune information supplémentaire, y compris sur la durée de ce gel.

Désemparés depuis deux mois, certains clients se sont donc organisés pour protester devant les agences bancaires, voire parfois devant le siège desdits établissements. Mais le refoulement par la police ne suffisant pas, les autorités ont décidé d’employer d’autres moyens pour étouffer la contestation. Et quoi de plus simple avec un système dans lequel les citoyens perdent l’accès aux transports publics et aux espaces tels que les restaurants et les centres commerciaux, ainsi que le droit de voyager à travers le pays, s’ils ne remplissent pas certaines conditions ? Le gouvernement ne semble pas s’y être trompé, puisqu’il a utilisé le système de contrôle numérique installé dans le cadre de la lutte contre le Covid-19 — l'équivalent de notre pass sanitaire, dont nous semblons, pour toujours, espérons-le, enfin débarrassés. C’est ainsi que plus de 200 Chinois — d’après les membres d’un groupe WeChat relayés par Reuters — ont vu leur code sanitaire passer du vert au rouge, sans aucune explication, se voyant ainsi interdits de voyager dans le pays. SI rien n’indique officiellement que l’opération avait pour...

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