Analyses

Narratif de la grippe H1N1 et Covid-19 : les étranges parallèles (Partie 1) Abonnés

Dans un rapport parlementaire daté du 29 juillet 2010, une commission d’enquête du Sénat soulevait de nombreux éléments troublants dans la gestion de la grippe H1N1, parmi lesquels la communication anxiogène, les conflits d’intérêts, le poids de lobbies dans la stratégie de vaccination, le financement de l’OMS ou encore l’imperfection des modèles de prévisions mathématiques utilisés pour justifier l’alarmisme. Des constatations qui, plus de dix ans après, résonnent étrangement avec la situation actuelle (partie 1).

Narratif de la grippe H1N1 et Covid-19 : les étranges parallèles (Partie 1)
Le 1er février 2022

Le Covid-19 est-il finalement une grippe H1N1 qui aurait « réussi » ? Derrière cette interrogation provocatrice, une réalité saute tout de même aux yeux après bientôt deux ans de pandémie : entre 2020 et 2022, les pouvoirs publics sont allés au bout d’une logique de vaccination de masse déjà tentée par leurs prédécesseurs entre 2009 et 2010, qui n’avait pas connu le même succès alors qu’elle avait utilisé à peu près les mêmes recettes. La lecture approfondie de la presse de l’époque et d’un rapport parlementaires à l’initiative des sénateurs communistes et du parti de gauche dédié au « rôle des firmes pharmaceutiques dans la gestion par le gouvernement de la grippe A (H1N1) » sont, à ce titre, particulièrement éclairants pour comprendre les enjeux actuels.

Il convient d'abord de se replonger dans le contexte. En avril 2009, l’OMS annonce une centaine de cas de grippe due à un nouveau virus au Mexique et aux États-Unis. À la fin du mois, la France passe en phase d'alerte pré-pandémique du plan national de pandémie grippale. « Bien qu'il n'y ait pas d'épidémie en France, nous avons décidé par précaution de passer en phase 5 de préparation, de mobilisation des services de l’Etat » déclarait alors le premier ministre François Fillon avant que Roselyne Bachelot, alors ministre de la Santé, n’annonce le 1er mai les deux premiers cas français (des personnes revenant du Mexique). En juillet 2009 commence alors la stratégie vaccinale démesurée qui a fait couler tant d’encre : 94 millions de doses de vaccins sont commandées pour 880 millions d'euros auprès de trois laboratoires, Sanofi, GlaxoSmithKline et Novartis. Ces 94 millions de doses permettront, à raison de deux doses par personne, de vacciner les deux-tiers des Français.

Alors que le professeur Bernard Debré expliquait, dans un entretien au Journal du dimanche, que la...

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