France

Libéré en raison du Covid, un ex-détenu soupçonné de viol Abonnés

Thèmes abordés

justiceconfinementpolicePrisonssécurité

En octobre dernier, une jeune fille a été violée par un homme déjà condamné pour agression sexuelle, qui avait bénéficié d’une sortie anticipée en mai 2020 en raison de la crise sanitaire. Son avocat et ses parents dénoncent aujourd’hui un scandale judiciaire et comptent poursuivre l’État pour faute lourde.

Libéré en raison du Covid, un ex-détenu soupçonné de viol
Le 13 avril 2021

Les faits se sont déroulés le 24 octobre 2020 dans le département de l’Isère, où une jeune fille de 17 ans a été violée par un individu qui, six mois auparavant, avait été libéré par anticipation en raison de la crise du Covid-19. Détenu à la prison de Lyon, l’accusé avait été condamné le 18 décembre 2018 pour des faits de violences suivis d’incapacité de 120 jours, agression sexuelle, détention arbitraire et séquestration sur sa compagne. Initialement libérable à la date du 20 novembre 2021, il a toutefois pu bénéficier d’une sortie anticipée le 4 mai 2020. Au motif, d’après un jugement du 24 avril 2020, que l’établissement dans lequel il était détenu connaissait un taux d’occupation de 130% et devait être réduit afin de « limiter les conséquences d'une éventuelle propagation du virus au sein de l'établissement pénitentiaire ».

Pour l’avocat de la famille, Maître Fabien Rajon (également avocat des parents de Maëlys dans le procès de Nordhal Lelandais), cette décision relève du scandale judiciaire, car elle a été prise sans faire l’objet d’un débat contradictoire. Par ailleurs, il souligne que la décision en question indiquait clairement que « le risque de récidive n’était pas exclu » ajoutant que le suspect « présentait également des tendances au passage à l’acte hétéroagressif et que sa détention était émaillée de quatre incidents ». En conséquence, Maître Rajon considère que cette libération n’était aucunement justifiée et indique engager, avec la famille de la victime, une action en responsabilité pour faute lourde contre l’État.

Il faut dire qu’encore une fois, sous couvert de crise sanitaire, l’État avait pris des décisions qui peuvent laisser songeur. Alors qu’au printemps 2020 les Français allaient être assignés à résidence et surveillés comme autant de délinquants potentiels, le gouvernement a fait le choix, en parallèle, de vider les...

Contenu disponible gratuitement

42 % de ce contenu restent à découvrir !

Pour accéder à la totalité des contenus gratuits, vous devez vous connecter ou créer un compte.

commentaireCommenter