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"L'ère des soulèvements", changement de paradigme à l'heure de la "psycho-pandémie" ? Abonnés

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Trente ans après son fameux Temps des tribus, le sociologue décrit dans un nouvel essai le déclin du rationalisme moderne, qui s’est exprimé dans cette crise. Une esquisse implacable de la réaction autoritaire d’une élite à un changement de paradigme, qui amènera selon lui à un soulèvement légitime du peuple.

"L'ère des soulèvements", changement de paradigme à l'heure de la "psycho-pandémie" ?
Le 8 mai 2021

Depuis les années 80, Michel Maffesoli se fait l’observateur averti des temps postmodernes, d’un effondrement social porteur d'un paradoxal retour des tribus. Dans son dernier ouvrage, L’ère des soulèvements, paru le 6 mai aux éditions du Cerf, le spécialiste de l’imaginaire met à jour sa vision, à la lumière des évènements récents. Des Gilets jaunes à la « psycho-pandémie » actuelle, en passant par l’incendie de Notre-Dame de Paris, c’est l’agonie du règne de la rationalité, de la technicité et de l’individualité qui est à l’oeuvre.

L’épidémie existe, et elle fait des morts. Il n’est pas question pour l’auteur de la nier. Mais la crise actuelle est, selon lui, davantage une crise civilisationnelle que sanitaire. C’est la négation de la finitude de l’être : « Le spectre eugéniste, l’aseptie de la société et le risque zéro sont des bons moyens pour empêcher de risquer sa vie. C’est-à-dire tout simplement de vivre ! » Face à ce déclin, « c’est en surjouant la peur de la maladie que l’oligarchie médiatico-politique entend se maintenir au pouvoir. La peur de la pandémie aboutissant à une psycho-pandémie d’inquiétante allure. » L’imposition du port du masque — ou la « muselière », pour reprendre son vocabulaire — à toute la population est, pour lui, symbole d’annihilation de la vie sociale et du rapport à l’autre. Dans ce qu’il nomme « l’infosphère », Michel Maffesoli dresse le portrait d’une théâtralisation de la réalité, une « pasteurisation » de la société, se muant en « idéologie technocratique ».

Pour l’heure, cette réaction des élites se montre terriblement efficace : « Les protagonistes de la domination médiatique s’emploient, par le pouvoir qu’ils détiennent, à convaincre que les règles, préparant une telle asepsie de l’existence, généralisée, soient acceptées, voire intériorisées, ce qui rend bien difficile la rébellion...

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