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Défunts faussement classés « Covid » : les familles privées d’un deuil décent Abonnés

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Mise en bière immédiate, absence de soins de thanatopraxie, visites interdites… Même lorsque le virus n’a pas causé leur mort, les défunts testés positifs au covid sont privés du traitement le plus élémentaire. Une situation inhumaine pour les familles dévastées par l’impossibilité de faire le deuil de leurs proches.

Défunts faussement classés « Covid » : les familles privées d’un deuil décent
Le 5 février 2021

Le récit de la comédienne Stéphanie Bataille, qui a perdu son père le 11 janvier sans avoir pu lui dire au revoir, n’est malheureusement pas un sanglot isolé. Impossibilité de rendre une dernière visite à des proches en Ehpad ou à l’hôpital, de voir le corps des défunts avant la mise en bière, silence de l’administration sur l’état de santé des malades… Depuis le début de l’épidémie, les témoignages sont légion. Et la seule cause de ces absurdités administratives avancée par les autorités, c’est le risque de contamination à l’intérieur des établissements.

Un décret mis à jour le 23 janvier dernier précise les dispositions post-mortem, « pour les défunts atteints ou probablement atteints du Covid-19 », censées éviter ce risque de contamination. En théorie, les proches peuvent voir le corps du défunt avant la mise en bière, qui doit s’effectuer sur le lieu de décès au plus vite. Et ce, avec tout l’attirail de protection similaire au personnel funéraire (lunettes, masque chirurgical, tablier anti-projection, gants à usage unique). En théorie, car de nombreux témoignages ont montré que parfois, cette demande n’avait pas été respectée, notamment à cause de la rapidité et de l’opacité de la procédure. Par ailleurs, tous les soins de conservation invasifs (embaumement, soins de thanatopraxie) sont « interdits sur le corps des défunts dont le décès survient moins de dix jours après la date des premiers signes cliniques ou la date de test ou examen positif ». Ils sont remplacés par une simple « toilette mortuaire », comme l’indique le décret.

Le Covid : cause de décès par défaut

Mais ce parcours du combattant des familles endeuillées, contre la machine administrative est-il justifié d’un point de vue épidémiologique ? La question se pose légitimement, au regard de la controverse du comptage des morts du covid....

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