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Avortement illégal : quand Facebook renseigne le gouvernement américain Abonnés

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Sur la base de conversations en ligne transmises par Meta, les autorités ont poursuivi une jeune fille de 17 ans pour avortement illégal. Une affaire qui met en lumière l’emprise du gouvernement américain sur la vie privée de ses administrés, avec le concours des GAFAM.

Avortement illégal : quand Facebook renseigne le gouvernement américain
Le 12 août 2022

C’est un fait inéluctable : aujourd’hui, nous avons tous confié une immense partie de notre vie personnelle aux géants du numérique. Nous l’avons collectivement accepté parce qu’au quotidien, cela ne pose aucun problème au fond. Mais une récente affaire a mis en lumière la perversité d’une telle situation.

Mardi 9 août, plus d’un mois après l’annulation par la Cour suprême de la décision Roe vs Wade consacrant le droit à l'avortement aux États-Unis, plusieurs médias américains ont rapporté qu'une adolescente de 17 ans habitant dans le Nebraska était poursuivie par les forces de l'ordre pour avoir pratiqué une interruption volontaire de grosses (IVG) médicamenteuse clandestine, à vingt-huit semaines de grossesse. Dans cet État américain central, le délai légal est fixé à 20 semaines (contre 14 en France). Or, d’après le Lincoln Journal Star, média local du Nebraska, les autorités ont invoqué un mandat de perquisition pour avoir accès aux conversations Messenger de l'adolescente et ainsi permettre son arrestation. Des informations qui ont également permis aux policiers de mettre en examen sa mère, Jessica Burgess, accusée d'avoir aidé sa fille en achetant les pilules abortives et en lui expliquant la marche à suivre. Dans les discussions en ligne, celles-ci auraient également discuté de l'endroit où elles ont enterré le fœtus après l'avoir brûlé.

Pris pour cible, le groupe Meta, propriétaire de Facebook, messenger et Instagram, a nié dans un communiqué, avoir transmis ces informations dans le cadre d'une enquête pour un avortement illégal : « Les mandats concernaient des accusations liées à une enquête criminelle et les documents judiciaires indiquent que la police enquêtait à l'époque sur le cas d'un bébé mort-né qui a été brûlé et enterré, et non sur la décision d’avorter. ». Pourtant, l’adolescente devrait bien être jugée dans les prochains mois pour « avortement illégal, avortement autogéré et enlèvement, dissimulation ou...

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