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Abstention : les bureaux de votes, nouveaux établissements "non-essentiels" ? Abonnés

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La très forte abstention au premier tour des élections régionales et départementales (près de 68%) et les scores ridicules du parti présidentiel révèlent à quel point le fossé se creuse entre la population et le pouvoir en place, mis en difficulté par sa gestion liberticide de la crise du covid. Mais cette désaffection n’a pas profité pour autant à un Rassemblement National qui ne s’est que très peu élevé contre ces dérives.

Abstention : les bureaux de votes, nouveaux établissements "non-essentiels" ?
Le 21 juin 2021

Après des élections municipales de mars 2020 organisées de manière totalement erratique  —  les deux tours ayant été séparés de trois mois, confinement oblige — le premier tour des élections régionales et départementales qui s’est tenu le dimanche 20 juin était supposé signer un timide retour à la normale de la vie démocratique française, après plus d’un an passé sous le joug de restrictions sanitaires. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il ne s’agit pas d’un franc succès. Ce que plusieurs raisons, tant conjoncturelles que structurelles, peuvent expliquer.

Parmi lesquelles la question de l’organisation, à commencer par les modifications du calendrier. Alors que ces élections auraient dû se tenir en mars, celles-ci ont été une première fois repoussées au mois de juin, initialement pour les dimanche 13 et 20, avant que ces dates ne soient elles aussi décalées d’une semaine au mois d’avril, pour un scrutin se tenant cette fois les 20 et 27 juin. On se demande d’ailleurs quelle est la pertinence de cette semaine de décalage, présenté bien entendu comme « sanitaire »… On pensera ensuite à la logistique défaillante, comme en témoignent les énormes ratés de l’entreprise Adrexo, prestataire chargé de la distribution de la propagande électorale (en concurrence de La Poste) : samedi 19 juin, veille du premier tour, les documents n’avaient pas tous été distribués aux électeurs. En conséquence de quoi le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin (en charge des élections) sera entendu mercredi 23 juin par les sénateurs sur cette question.

Autre élément à prendre en compte pouvant (en partie) expliquer le boycott des urnes, un protocole sanitaire quelquefois pénible à respecter. En effet, en dépit d’une abstention massive, des files d’attente se sont parfois formées dans certains bureaux afin de respecter les sempiternelles « distanciations », notamment dans les secteurs où l’électorat...

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