Flashé à 255 km/h, cet automobiliste a récupéré son permis et échappé à l’amende

Flashé à 255 km/h, cet automobiliste a récupéré son permis et échappé à l’amende

Un automobiliste italien flashé à 255 km/h sur l'autoroute A26 a récupéré son permis et échappé à une amende de 845 euros. La raison : le radar Trucam utilisé par les autorités n'était pas homologué pour enregistrer des vitesses aussi élevées. La préfecture de Novara a confirmé l'annulation totale de l'infraction.

Sur l'autoroute A26, près de Sillavengo dans le Piémont, un automobiliste au volant d'une Audi RS6 a été intercepté par un radar à 255 km/h, soit pratiquement le double de la limite autorisée de 130 km/h. Une infraction spectaculaire, qui aurait dû lui coûter une suspension de permis d'un an et une amende salée. Mais l'affaire a pris un tour inattendu.

Son avocat a repéré une faille technique que les autorités n'avaient visiblement pas anticipée. Et cette faille a suffi à faire tomber l'intégralité des poursuites.

Le radar Trucam au cœur de la contestation

Le radar employé ce jour-là était un modèle Trucam, un appareil approuvé par les autorités italiennes pour le contrôle de la vitesse. Approuvé, mais pas homologué pour enregistrer des vitesses aussi extrêmes. C'est précisément sur ce point que l'avocat de l'automobiliste a construit sa défense.

La jurisprudence italienne est claire sur ce sujet : seuls des appareils dûment homologués peuvent servir de base légale à la validation d'une infraction routière. Or, le Trucam ne satisfaisait pas à cette exigence pour des mesures dépassant un certain seuil de vitesse. L'argument a tenu la route devant la préfecture de Novara, qui a confirmé l'annulation de l'infraction.

Résultat : l'automobiliste a récupéré son permis de conduire et n'a pas eu à régler les 845 euros d'amende initialement prévus. Une issue juridiquement cohérente, même si elle peut sembler contre-intuitive au regard de la vitesse enregistrée.

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Attention
L’annulation de l’infraction ne signifie pas que rouler à 255 km/h est légal ou sans danger. Elle illustre uniquement une irrégularité dans la procédure de contrôle, pas une absolution sur le fond.

Quand la conformité technique prime sur l'évidence des faits

Ce type de décision repose sur un principe fondamental du droit : une preuve obtenue avec un instrument non conforme ne peut pas servir de base à une condamnation. Peu importe l'ampleur de l'infraction présumée, la régularité de la procédure prime. En Italie comme en France, les appareils de mesure utilisés dans le cadre de contrôles routiers doivent répondre à des critères d'homologation précis, qui varient selon les plages de vitesse mesurées.

Le fait que le Trucam soit approuvé de façon générale ne suffit pas. Son homologation doit couvrir explicitement la plage de vitesse concernée. À 255 km/h, ce n'était pas le cas. L'avocat a su transformer cette lacune administrative en argument décisif.

Des cas similaires existent en France

L'affaire italienne n'est pas isolée. Des situations comparables ont émergé en France, où la conformité des équipements de contrôle fait régulièrement l'objet de contestations judiciaires.

L'affaire de Seine-Maritime : 275 km/h et relaxe

En Seine-Maritime, un conducteur flashé à 275 km/h a été relaxé à la suite d'une lacune dans la documentation technique du radar utilisé. Là encore, c'est un avocat qui a identifié l'irrégularité, non pas dans la mesure elle-même, mais dans les pièces justificatives censées attester de la conformité de l'appareil. Sans cette documentation en règle, la preuve ne tenait pas.

Le conducteur de l'A4 toujours sous pression

Sur l'autoroute A4 en France, un autre cas similaire s'est produit cet été. Contrairement aux deux précédents, ce conducteur n'a pas encore bénéficié d'une annulation. Il reste exposé à une amende de 1 500 euros et à une suspension de permis. Son dossier illustre que l'issue d'une telle contestation dépend entièrement de la précision de l'analyse juridique et de la qualité des pièces techniques versées au dossier.

275 km/h
vitesse enregistrée en Seine-Maritime, conducteur finalement relaxé

Ces affaires françaises font écho à une réalité que les automobilistes cherchent souvent à anticiper : la contestation d'un PV radar repose autant sur la technique que sur le droit.

Ce que ces affaires révèlent sur les limites du système de contrôle

Ces trois cas, en Italie et en France, pointent vers un même problème structurel : les autorités déploient des équipements de contrôle sans toujours s'assurer que leur homologation couvre l'ensemble des situations possibles. Un radar homologué pour mesurer des vitesses allant jusqu'à 200 km/h ne peut pas légalement constater une infraction à 255 ou 275 km/h. C'est une évidence technique, mais elle est rarement vérifiée en amont par les services compétents.

Pour les conducteurs verbalisés à des vitesses extrêmes, cette faille ouvre une voie de recours réelle. Mais elle exige une expertise pointue. Identifier une non-conformité dans la documentation d'un appareil de mesure ou dans son certificat d'homologation n'est pas à la portée du premier venu. C'est précisément le rôle d'un avocat spécialisé en droit routier, capable de décortiquer les pièces techniques du dossier.

Le risque pour les autorités est double : perdre des affaires sur des points de procédure et voir leur crédibilité entamée lorsque des conducteurs ayant roulé à plus du double de la vitesse autorisée repartent sans sanction. À l'inverse, ces décisions rappellent que l'État de droit s'applique aussi aux procédures de contrôle routier, et que la rigueur administrative n'est pas optionnelle.

Certaines décisions de justice peuvent sembler paradoxales au regard du bon sens, mais elles traduisent une logique juridique cohérente : sans preuve conforme, pas de condamnation valable. Le cas de cet automobiliste italien en est l'illustration la plus frappante. Rouler à 255 km/h reste une mise en danger grave, pour soi et pour les autres. Mais si les autorités veulent que leurs sanctions tiennent, elles doivent s'assurer que leurs outils le sont aussi.

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