france

Stèle d’hommage aux morts du Covid : quand le sanitairement correct vire au malsain Abonnés

Une stèle commémorative pour les morts liés au Covid-19 va être inaugurée à Troyes (Aube) le 17 décembre prochain. Une illustration malsaine de l’emprise du sanitairement correct.

Stèle d’hommage aux morts du Covid : quand le sanitairement correct vire au malsain
Le 9 décembre 2021

« Nous sommes en guerre. » Nous étions loins d’imaginer en mars 2020 que cette phrase répétée sur un ton tragique par Emmanuel Macron allait nous emmener jusqu’à ériger des monuments aux morts. C’est pourtant l’idée qu’a fini par avoir le maire de Troyes François Baroin, qui affirmait au quotidien l’Est-Éclair en juin dernier : « La nécessité d’un lieu de mémoire et de recueillement […] s’est imposée dès le premier confinement quand j’ai recueilli l’immense douleur des familles et le désespoir que cela représente de ne pouvoir voir son défunt, de ne pouvoir lui dire au revoir et faire son deuil. »

6 mois plus tard, les vœux du maire Les Républicains vont être exaucés à quelques jours de Noël. Le 17 décembre prochain, une stèle gravée du message « Hommage de la ville de Troyes aux victimes du Covid-19 » sera inaugurée dans le jardin du Rocher. Le monument prendra la forme d'un arc de cercle d’une trentaine de centimètres de hauteur et de 3 mètres de longueur encerclant le pied d'un chêne, afin de « faciliter la dépose de bougies, de fleurs, et autres objets ou souvenirs honorant la mémoire de nos défunts ».

Si cette idée peut faire sourire, elle illustre aussi l’ampleur de l’emprise du sanitairement correct. En effet, quiconque oserait interroger la pertinence d’un tel hommage serait immédiatement conspué et accusé de nier la souffrance des familles endeuillées. Mais au-delà de la course à qui sera le plus vertueux, une telle initiative est aussi le signe d’une société hygiéniste qui accepte de moins en moins la mort, surtout pour une maladie qui est loin de ressembler à la peste.

Contenu réservé aux abonnés

Pour le consulter, vous devez vous connecter ou vous abonner.

commentaireCommenter