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Séjour pour soins et AME : un gouffre financier pour l’hôpital public Abonnés

Dans son dernier rapport, l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii) fait les comptes du coût de la « Procédure d’admission au séjour pour soins ». Un bilan exorbitant au regard du déclassement du système de soins français, principale cause de la surcharge hospitalière invoquée par l’exécutif pour justifier les restrictions sanitaires.

Séjour pour soins et AME : un gouffre financier pour l’hôpital public
Le 14 décembre 2021

Le poids de l’administration — notamment dénoncé par le Dr Bernard Kron —, la logique de rentabilité et le manque d’investissements ne sont peut-être pas les seuls responsables de la faillite de l’hôpital français. Les soins apportés aux personnes étrangères pèsent aussi lourdement dans la balance. C’est en tout cas ce que laisse penser le dernier rapport annuel de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii) sur la « Procédure d’admission au séjour pour soins ».

Exception mondiale, ce dispositif « permet chaque année depuis sa création à des dizaines de milliers de personnes étrangères éligibles de se faire soigner, même dans des secteurs en tension, rappelle l’Ofii. […] Ces personnes sont«prises en charge à travers des cotisations versées par les partenaires sociaux ou par l’impôt, et ce quel qu’en soit le coût. »

En 2020, deux tiers des 25 987 demandes déposées ont été acceptées (soit environ 16 000 demandes dont environ 10 000 renouvellements). 54,5% émanaient d’hommes, âgés en moyenne de 39 ans, 45,5% de femmes, âgées en moyenne de 44 ans, et 8,6% de mineurs. En tête des motifs de demande, selon l’Offi, les soins psychiatriques qui ont concerné 26 900 demandes de 2017 à 2020. Sur la même période, le traitement du VIH sida a fait l’objet de 17 150 demandes, 16 927 pour le diabète, 14 400 pour le cancer, 4744 pour la dialyse et 2186 pour la greffe d’organes.

La santé, vaste filière migratoire

Parmi les 127 pays d’origine qui en ont bénéficié, l’Algérie arrive en tête avec 10,4% des dossiers, suivie par la Côte d’Ivoire (6,8%), la République démocratique du Congo (6,2%) et le Cameroun (5,7%). Mais on trouve aussi quelques ressortissants japonais, saoudiens, émiratis, canadiens et américains, qui ne viennent pas de pays où la médecine laisse particulièrement à désirer.

« Il y a, c’est évident, de plus en...

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