france

Radars routiers : les maires bientôt compétents pour faire la chasse aux automobilistes ? Abonnés

Le texte de la loi dite « 3DS » (pour différenciation, décentralisation, déconcentration et simplification) actuellement en discussion à l’Assemblée nationale et visant à faire évoluer le cadre des relations entre l’État et les territoires, propose de donner aux maires la compétence d’installer des radars. Une nouvelle étape vers le contrôle généralisé et la répression des automobilistes.

Radars routiers : les maires bientôt compétents pour faire la chasse aux automobilistes ?
Le 16 décembre 2021

En discussion à l’Assemblée nationale depuis le 6 décembre, soit sept mois après sa présentation en Conseil des ministres et quatre mois après son adoption en première lecture au Sénat, ce texte chargé en mesures potentiellement lourdes de conséquences sur notre quotidien ne semble pas passionner les médias. Pourtant, certains points méritent qu’on y prête vraiment attention. Et notamment celui qui prévoit d’autoriser les collectivités territoriales à décider elles-mêmes de l’implantation de leurs propres radars, venant ainsi s’ajouter au plus de 4200 (et bientôt 4700) radars du parc national.

Concrètement, il s’agit là d’une belle occasion pour les communes de faire la chasse au kilomètre par heure de trop, avec la perspective de récupérer une (juteuse) partie des recettes tirées de ces infractions, et notamment depuis l’adoption récente du 30 km/h dans de nombreuses municipalités pratiquement toujours gérées par le Parti Socialiste ou Europe Écologie-Les Verts. Une initiative bien entendu dénoncée par les organisations de défense des automobilistes, comme 40 millions d’automobilistes ou la Ligue de défense des conducteurs. Cette dernière a d’ailleurs engagé une pétition pour dénoncer cette mesure qu’elle juge « contre-productive, voire dangereuse » puisqu’elle « constitue une nouvelle source de stress au volant ». Alors que la France compte déjà plus de 4000 radars sur son sol, ouvrir la possibilité aux maires d’en installer à leur guise sur les territoires qu’ils administrent peut potentiellement conduire à l’implantation de milliers, voire de dizaines de milliers de radars supplémentaires dans les années à venir, sans que leur utilité réelle en matière de réduction des risques soit évidente.

Mais au-delà de l’aspect purement financier, ce qui se dégage d’une telle mesure est aussi la marche en avant vers une société du contrôle permanent et de la répression systématique dont l’automobiliste est aujourd’hui la victime désignée. Rappelons qu’avant d’être intégrée à la loi « 3DS », cette mesure...

Contenu réservé aux abonnés

9 % de ce contenu restent à découvrir !

Pour le consulter, vous devez vous connecter ou vous abonner.

commentaireCommenter