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"Quand la privation des contacts humains s’avère fatale" : Stéphanie Bataille s'insurge Abonnés

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Stéphanie Bataille, comédienne et directrice du Théâtre Antoine à Paris, a perdu son père le 11 janvier dernier des suites du Covid-19, contracté à l’hôpital où il était venu se faire opérer. Dans une tribune publiée sur Women today que nous relayons ici, elle dénonce la privation de toute visite à son père pendant les derniers jours de sa vie, ainsi que l’interdiction faite aux familles d’assister à la mise en bière. Face à ces réglementations inhumaines, elle appelle solennellement les pouvoirs publics à cesser d’infantiliser les proches et à prendre enfin leur souffrance en considération.

"Quand la privation des contacts humains s’avère fatale" : Stéphanie Bataille s'insurge
Le 2 février 2021

Monsieur le Président de la République,

Monsieur le ministre de la Santé,

« Je m’adresse à vous car je souhaite une prise de conscience sur ce que vivent, en France, les familles au quotidien par la faute de réglementations ineptes, inhumaines, odieuses et dévastatrices, et qui n’ont aucun sens.

Je n’attaque personne sur la gestion de cette crise hors norme. Nous vivons tous à l’échelle planétaire des mois inconnus. Mais je m’appuie sur mon histoire personnelle pour vous relater ce qui se passe réellement sur le terrain. L’hôpital public AP-HP, lieu par excellence où l’on se rend pour en ressortir guéri ou du moins en meilleure forme, ajoute à la souffrance des malades une privation de contacts humains qui, pour certains d’entre eux, peut s’avérer fatale.

Mon père est rentré dans un hôpital public parisien, testé négatif pour une intervention cardiaque. Cette dernière s’est très bien passée ; il était heureux et en forme, sa sortie était prévue la semaine suivante.

Or comme beaucoup de vos concitoyens mon père a attrapé le coronavirus sur le lieu de la guérison. En effet le personnel soignant, que je salue et remercie, et dont vous pouvez être fiers, n’est ni testé ni vacciné. Il manque cruellement de moyens humains et matériels.

Mon père a été placé en unité Covid, où à l’entrée du bâtiment il n’y a ni gel hydro-alcoolique ni prise de température. Cette unité, au 3ème étage, n’autorise aucune visite de la famille ni des proches. Nous pouvons juste rester face à un long couloir où au fond se trouve une porte sur laquelle figure cet écriteau : «INTERDIT DE RENTRER – COVID», avec un digicode. De l’autre côté de cette porte se trouvent les patients, mais il est impossible de les voir. Nous pouvons seulement leur apporter des plats ou...

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