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Pénurie de masques : les mensonges de Jérôme Salomon sur un désastre annoncé Abonnés

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Des millions de masques détruits, une gestion désastreuse des stocks, un sens des responsabilités inexistant… Alors que Jérôme Salomon est dans le viseur du Sénat pour avoir tenté de cacher l’imprévoyance de l’État, Bas les masques fait les comptes.

Pénurie de masques : les mensonges de Jérôme Salomon sur un désastre annoncé
Le 18 décembre 2020

Sur les masques, le gouvernement semble naviguer dans deux mondes parallèles. En un claquement de doigts, il est passé de la dissuasion de se procurer des masques à l’obligation d’en porter dès 6 ans. Car avant que les autorités enjoignent à tous de porter un masque partout et tout le temps - une injonction par ailleurs dénuée de toute justification scientifique -, le ministre de la Santé Olivier Véran affirmait l’exact contraire : « L’usage des masque en population générale est inutile. » Or, (et les autorités ont eu du mal à le dissimuler) cette préconisation cachait surtout une grave pénurie pour le personnel soignant. Cette tartufferie ne serait pas si grave si en plein pic épidémique au mois de mars, l’État n’était pas en train de continuer à brûler ses stocks.

Aucune anticipation 

Pour comprendre cette gabegie, il faut remonter aux années 2005-2006. À cette époque, le gouvernement constitue un stock de 616 millions de masques chirurgicaux. En mars 2007 est créé l’Eprus (Établissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires), chargé de la commande et des stocks de masques. Cette stratégie est ensuite poursuivie par Roselyne Bachelot, ministre de la Santé de 2007 à 2010. Si bien qu’à l’automne 2009, la France possède 1,7 milliard de masques. Accusée de dilapider l’argent public, la ministre rétorque : « Ces masques sont un stock de précaution destiné à toutes sortes de pandémies. Ce n'est pas au moment où une pandémie surviendra qu'il s'agira de constituer les stocks ». Il semble aujourd’hui qu’elle ait eu raison trop tôt.

Mais au fil des années, la stratégie du stock est abandonnée. En cause notamment : l’épidémie de la grippe H1N1, qui a fait l’effet d’un pétard mouillé. En 2011, le gouvernement décide de séparer le stockage : d’une part, un premier...

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