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Parrainages et démocratie : le bal des hypocrites Abonnés

À mesure que la date de clôture des enregistrements des parrainages se rapproche, trois candidats pourtant largement sollicités peinent à atteindre les 500 signatures. De quoi exciter l’hypocrisie des habituels donneurs de leçon de démocratie.

Parrainages et démocratie : le bal des hypocrites
Le 24 février 2022

Au moment où l’on fustige les dérives antidémocratiques à l’est, cette comédie a de quoi faire sourire. Samedi 4 mars, les candidats qui n’ont pas recueilli 500 parrainages seront contraints d’abandonner la course à la magistrature suprême. D'autant que les règles sont particulièrement complexes : par souci de représentativité territoriale, il est exigé que les parrainages émanent d’élus d’au moins 30 départements ou collectivités d’outre-mer différents, sans dépasser un dixième, soit 50 pour un même département ou une même collectivité. Ajouter à cela la publicité des signatures depuis François Hollande, rendant les élus vulnérables aux pressions de la part de leur parti ou des collectivités territoriales, et recueillir ces 500 parrainages est aujourd’hui devenu un véritable chemin de croix pour des candidats hors système.

Un système qui ne peut qu'aboutir au scandale démocratique qui pourrait advenir : à savoir que près de la moitié de l’électorat soit  privé de son candidat. En effet, pour l’heure, ni Éric Zemmour ni Jean-Luc Mélenchon ni Marine Le Pen — tous au dessus de 10% dans les sondages — n’ont obtenu leurs parrainages. Face aux troubles sociaux inévitables que provoquerait un éventuel second mandat frappé du sceau de l’illégitimité démocratique — après le déroulement chaotique de l’élection de 2017, cela commencerait à faire beaucoup —, la macronie tente de se montrer prudente. Ainsi, Jean Castex a appelé les élus français qui en ont le pouvoir à « apporter leurs parrainages » avant d’annoncer la tenue d’une réunion ce jeudi matin avec des associations d’élus locaux, en présence des présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, afin «  d’évoquer ensemble cette situation dans le respect de la liberté de chacun ».

Mais à en croire certains cadres LREM, cette mansuétude n’est que de façade. Le vice-Président de l'Assemblée Nationale Hugues Renson a, par exemple, une toute autre...

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