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Opacité, soupçons de faux témoignages… le Sénat en croisade contre les cabinets de conseil Abonnés

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La commission d’enquête du Sénat qui a étudié l’influence des cabinets de conseil sur les politiques publiques vient de rendre ses conclusions. Et celles-ci sont particulièrement à charge contres des consultants privés à l’influence dangereuse et aux coûts démesurés.

Opacité, soupçons de faux témoignages… le Sénat en croisade contre les cabinets de conseil
Le 17 mars 2022

On savait que les cabinets de conseil occupaient une place importante au sein de l’appareil d’État, mais on ne l’imaginait peut-être pas à ce point-là. Particulièrement attendues, les conclusions des travaux de la commission d’enquête du Sénat sur l’influence des cabinets de conseil sur les politiques publiques viennent d’être rendues publiques ce jeudi 17 mars, et font l’effet d’une bombe. Au départ de cette commission, formée sur proposition du groupe communiste, républicain, citoyen et écologiste (CRCE), l’épineuse question de l’intervention de consultants privés dans la gestion de la crise sanitaire à partir de 2020. Mais cela n’était que la partie visible d’une situation qui, en réalité, est un « phénomène tentaculaire » selon les propres mots d’Éliane Assassi, rapporteur de la commission. Celle-ci indique notamment dans son rapport que « les cabinets de conseil sont intervenus sur la plupart des grandes réformes du quinquennat, renforçant ainsi leur place dans la décision publique » et cite à titre d’exemple la réforme des aides personnalisées au logement (APL) qui a vu une intervention de McKinsey à quatre millions d’euros pour le volet informatique, la simplification de l’accès aux droits des personnes handicapées, sur laquelle a planché Capgemini, ou encore la réforme de l’aide juridictionnelle à laquelle le cabinet EY a prêté concours.

S’il est vrai que le recours à des cabinets de conseil privés n’est pas une pratique qui a démarré sous Emmanuel Macron, les sénateurs ont néanmoins relevé une véritable accélération de cette pratique durant son quinquennat, en qualifiant même ce recours de « massif » et « croissant ». D’après leurs calculs, les dépenses de l’État pour des prestations de conseil ont ainsi dépassé un milliard d’euros, Eliane Assassi évoquant ironiquement un « pognon de dingue ». Une estimation en outre minimale, la commission d’enquête n’ayant pas interrogé l’ensemble des opérateurs publics, mais uniquement les plus importants tels que la...

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