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Les territoires d’outre-mer, méprisés de la République Abonnés

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Le remaniement ministériel a étendu le portefeuille de Gérald Darmanin, qui est désormais en charge des territoires d’outre-mer, avec pour ministre délégué Jean-François Carenco, auparavant à la tête de la commission de régulation de l’énergie. Des choix qui en disent long sur la considération portée par l’exécutif à nos compatriotes ultramarins.

Les territoires d’outre-mer, méprisés de la République
Le 4 juillet 2022

C’était le 21 novembre 2021. En Guadeloupe, l’opposition à l’obligation vaccinale pour les soignants — qui faisait suite à de nombreuses restrictions sanitaires frappant les Antilles, parfois même plus durement qu’en France — a donné lieu à d’importants mouvements de contestation qui se sont rapidement transformés en barrages, puis en émeutes. À la suite de ce quasi-blocage de l’archipel, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin avait décidé d’envoyer le RAID et le GIGN pour rétablir l’ordre. Emmanuel Macron, dépassé par la situation, avait appelé à « ne rien céder au mensonge et à la manipulation », affirmant qu'on « ne peut pas utiliser la santé des Françaises et des Français pour mener des combats politiques » et dénonçant ceux qui cherchent « à utiliser ce contexte » sanitaire à leur profit. Après avoir consulté des élus de Guadeloupe, Jean Castex avait annoncé la création d’une instance de dialogue afin de « convaincre et d’accompagner individuellement, humainement » les professionnels concernés par l’obligation vaccinale. Des annonces qui n’avaient pas calmé la colère sur place car la Guadeloupe, et les Antilles de manière plus générale, se sont révélées marquées par une forte opposition au vaccin non seulement en raison d’une défiance à l'égard des autorités, mais également en raison du scandale du chlordécone, pesticide utilisé dans les bananeraies antillaises pendant des dizaines d'années avant d'être interdit en raison de son caractère cancérigène. Sans oublier que, depuis une bonne trentaine d’années, les problèmes d’eau potable récurrents obligent certains habitants à acheter pour plusieurs dizaines d’euros — voire plus — de bouteilles plastiques par mois, quand ceux qui n’ont pas les moyens en sont réduits à boire de l’eau de pluie.

Malgré les colères qui se sont exprimées depuis ces derniers mois, à l’occasion d’une crise sanitaire qui a en réalité révélé une crise sociale d’ampleur, l’exécutif ne semble pas porter de réelles considérations...

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