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Le ministère de l’Agriculture face à un risque de conflit d’intérêts ? Abonnés

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Une ex-collaboratrice du nouveau ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau, est désormais en charge de défendre les intérêts de plusieurs géants de l’industrie phytopharmaceutique. Ce qui laisse craindre la possibilité de conflits d’intérêts à venir sur la question sensible des pesticides.

Le ministère de l’Agriculture face à un risque de conflit d’intérêts ?
Le 23 juin 2022

Après Stanislas Guérini, ministre de la Transformation et de la Fonction publiques en charge notamment de la numérisation de l’administration et dont l’épouse est chargée d’affaire chez Google, c’est un autre ministère d’importance qui pourrait désormais se retrouver en proie à des risques de conflits d’intérêt, car il ne concerne rien de moins que celui de l’Agriculture, renommé — un peu pompeusement — ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire depuis l’entrée en fonction d’Elisabeth Borne à Matignon. En effet, la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) a étudié le cas d’une ex-collaboratrice de Marc Fesnau, nouveau ministre de l’Agriculture, qui occupe désormais un poste stratégique auprès de Phytéis, organisation professionnelle de l’industrie agro-alimentaire regroupant notamment… les principaux fabricants de pesticides. Il s’agit plus précisément d’Éléonore Leprettre, qui a occupé entre octobre 2018 et mai 2022 les fonctions de chef adjointe du cabinet, puis de chef de cabinet de Marc Fesneau, alors ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des relations avec le Parlement. Poste désormais occupé par l’ancien ministre de la Santé Olivier Véran, qui remplace donc Marc Fesneau parti défendre notre « souveraineté alimentaire », tandis que son ancienne chef de cabinet est, elle, la nouvelle directrice de la Communication et des Affaires publiques de Phytéis et de ses nombreuses entreprises membres, parmi lesquels des géants de l’agrochimie comme Bayer ou BASF.

La HATVP a ainsi validé cette entrée en fonction, mais a demandé à Eléonore Leprettre de s’abstenir de toute démarche auprès de son ancien patron, affirmant (pour la forme ?) n’avoir « aucun élément permettant de douter du respect des principes déontologiques par Mme Leprettre », mais posant tout de même des garde-fous (symboliques ?) en rappelant que celle-ci « pourrait, dans le cadre de son activité au sein de Phytéis, entreprendre des démarches auprès des pouvoirs publics » et...

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