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Identité numérique, contrôle social... l’Ukraine, vaisseau amiral du « great reset » ? Abonnés

Surveillance et notation des parlementaires, application d’auto-quarantaine durant la pandémie de Covid-19, technologie gouvernementale en pointe sur l’identité numérique, ministre proche de la Silicon Valley et des GAFAM… Juste avant d’être attaquée par la Russie, l’Ukraine faisait figure de véritable laboratoire du « monde d’après » tel que conceptualisé par certaines élites.

Identité numérique, contrôle social... l’Ukraine, vaisseau amiral du « great reset » ?
Le 18 mars 2022

Et si la véritable « start-up nation », chère à Emmanuel Macron, était en réalité l’Ukraine ? Juste avant que la guerre n’éclate, ce pays de près de 45 millions d’habitants avait fait de la numérisation un sujet phare et une véritable priorité pour l’État au cours de ces deux dernières années. Objectif : rien de moins que faire de l’Ukraine un « champion mondial du numérique » comme l’explique le gouvernement sur le site officiel du pays, qui se targue d’être le premier au monde à « pouvoir utiliser des identifiants numériques sans aucune restriction interne ». Les pouvoirs publics annoncaient ainsi fièrement : « Voici comment l'Ukraine va de l'avant avec le concept de construction d'un État numérique et devient le premier pays au monde en termes de fourniture de services aux citoyens et aux entreprises. » Pour mener à bien cet ambitieux projet, la solution s’appelle Diia, orthographiée « Дія » en cyrillique et signifiant « l’État et moi », consistant en un système associant une application mobile d'accès aux documents numériques des citoyens et un portail unique de services publics pour la population et les entreprises, avec pour objectif de rendre l’intégralité des services disponibles en ligne. Autrement dit : disposer de l’État dans son smartphone.

À l’origine de ce projet, on retrouve bien entendu le président Ukrainien Volodymyr Zelensky, ancien comédien devenu président et désormais symbole international de la résistance à l’agresseur russe grâce à une habile campagne de communication sur les réseaux sociaux, et bien aidé dans cette tâche par son ministre de la Transformation numérique Mykhailo Fedorov, véritable architecte de la révolution digitale ukrainienne. L’idée de départ, intéressante, était de remplacer une bureaucratie ukrainienne défaillante et gangrenée de corruption par la technologie. Il faut dire que, depuis la fin de l’Union soviétique, le parlement ukrainien a longtemps été le théâtre de pratiques assez douteuses,...

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