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Gel de compte bancaire, amende, prison… Justin Trudeau en roue libre contre les manifestants Abonnés

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Face aux manifestations contre les restrictions sanitaires, le Premier ministre canadien a invoqué la Loi des mesures d’urgence. Une chasse financière signe d’une dangereuse dérive autoritaire.

Gel de compte bancaire, amende, prison… Justin Trudeau en roue libre contre les manifestants
Le 15 février 2022

« Si vous participez aux manifestations, parce que vous êtes fatigués du Covid, vous devez maintenant comprendre que vous enfreignez la loi. » Le message est clair. En compagne de trois de ses ministres, Justin Trudeau a annoncé ce lundi le recours à la Loi des mesures d’urgence. Une première depuis sa création en 1988. Enfin, presque. Car le texte était en réalité venu remplacer la Loi sur les mesures de guerre, invoquée pour la dernière fois en 1970… par Pierre-Elliot Trudeau, le père de l’actuel chef d’État.

Adepte du même discours « en même temptiste » que notre président, Justin Trudeau l’assure : « On ne limite pas la liberté d’expression ni le droit de manifester pacifiquement. Ce qu’on veut, c’est assurer la sécurité des Canadiens, protéger les emplois et rétablir la confiance dans nos institutions. » Affirmant que l’armée ne serait pas déployée, il a précisé que « le gouvernement fédéral invoque la loi sur les mesures d’urgence pour compléter les pouvoirs provinciaux et territoriaux et faire face aux blocages et aux occupations », tout en soutenant que les nouvelles mesures seraient « limitées dans le temps et géographiquement ».

Mais ces garanties de façade ne cachent pas l’extrême dureté des mesures. Le gouvernement fédéral a cité des pouvoirs accrus pour les policiers et la Gendarmerie royale du Canada comme la déclaration de manifestations illégales, ainsi que la distribution d’amendes pouvant aller jusqu’à 100 000 dollars canadiens (69 500 euros), voire à une peine d’un an d’emprisonnement.

Et ce n’est pas tout : à cela s’ajoute une chasse financière à toute personne ou tout organisme soupçonné d’apporter son soutien au Freedom convoy. Les autorités pourront forcer des entreprises de remorquage à évacuer les bloquages de camion. Les plateformes de sociofinancement et les services de paiement qui ont permis au convoi de récolter près de 20 millions...

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