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Emmanuel Macron : la campagne qui sonne faux Abonnés

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Photos stylisées copiant d’anciens présidents américains, rencontre « avec les Français » préparée à l’avance et taillée sur mesure, passage en différé lors d’une émission en direct sur LCI, refus de débattre avec les autres candidats… À un mois du premier tour de l’élection présidentielle, l’entrée en campagne d’Emmanuel Macron ressemble à une gigantesque parodie de démocratie.

Emmanuel Macron : la campagne qui sonne faux
Le 9 mars 2022

Emmanuel Macron est très occupé depuis le début du conflit russo-ukrainien. C’est en tout cas ce que montrent les photos réalisées par la photographe de l’Élysée, Soazig de la Moissonnière, qui s’en donne à coeur joie ces derniers jours pour montrer un président besogneux, pris dans la tourmente diplomatique entre coups de fils quasi-quotidiens à Vladimir Poutine et présidence française (pour six mois) du Conseil de l’Union Européenne. Des clichés parfaits pour faire campagne sans faire campagne, en diffusant à destination du grand public des éléments de communication où la forme permet de s’affranchir du fond. Seul petit bémol : aucune originalité dans ces clichés dont certains s’inspirent ouvertement — voire copient carrément — des photos de John F. Kennedy (telle la photo où Emmanuel Macron se tient la tête dans une position presque identique à un cliché du président américain assassiné) ou Barack Obama (notamment la photo le montrant debout, penché en avant, les bras raides tenant le dossier de sa chaise). Un plagiat sans doute pas si innocent, puisqu’il permet (de manière subliminale ?) à Emmanuel Macron de se placer en héritier des grandes figures démocrates américaines. Et peut-être se prendre pour Kennedy himself lors de la crise des missiles de Cuba soixante ans plus tôt, en 1962 ?

Emmanuel Macron / John F. Kennedy
@soazigdelamoissonniere
Emmanuel Macron / John F. Kennedy
Emmanuel Macron / Barack Obama
@soazigdelamoissonniere
Emmanuel Macron / Barack Obama

Cette communication pourrait faire sourire, si elle ne reflétait pas un goût particulièrement prononcé du président-candidat (ou l’inverse) pour la mise en scène, justement, qui confine presque à un déni de démocratie tant ce tropisme autocratique est visible. En se prétendant à la fois président « quand il le doit » et candidat « quand il le peut », Emmanuel Macron nous ressert une énième déclinaison de son « en même temps » caractéristique, au détriment de toute forme de débat public. Et lorsque le candidat-président...

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