International

Du matériel militaire français employé par l’armée russe en Ukraine ? Abonnés

Entre 2015 et 2020, la France aurait discrètement livré du matériel militaire dernier cri à la Russie, malgré l’embargo imposé par l’Union européenne. Une information du média Disclose fracassante, au regard du soutien de l’Ukraine affiché par l’exécutif français.

Du matériel militaire français employé par l’armée russe en Ukraine ?
Le 14 mars 2022

Février 2014 : la Russie annexe la Crimée. Deux mois plus tard, les deux républiques séparatistes pro-russes de Louhansk et Donetsk s’auto-proclament indépendantes. L’escalade militaire entre la Russie et l’Ukraine, conduisant au crash d’un Boeing 777 abattu par un missile russe en juillet, pousse l’Union européenne à réagir : le 1er août, elle impose un embargo à tous ses pays membres sur les armes à destination de la Russie. Mais si cet embargo a contraint François Hollande à annuler la vente de deux navires Mistral à la Russie en 2015, une enquête du média d’investigation Disclose a révélé que d’autres commandes ont été menées à terme plus discrètement.

En effet, d’après des documents « confidentiel-défense » que s’est procuré le média, la France aurait délivré au minimum 76 licences d’exportation de matériel de guerre à la Russie depuis 2015. Et cela pour un coût total d’environ 152 millions d’euros, d’après le dernier rapport au Parlement sur les exportations d’armement. Marché dont les principaux bénéficiaires sont les sociétés Thales et Safran, qui ont pour premier actionnaire l’État français. Toutefois, le rapport parlementaire ne précisait pas le type de matériel livré. Et aujourd’hui, on peut comprendre pourquoi.

Concrètement, ce n’est pas d’armes dont il s’agirait, mais de matériel de très haute technologie qui aurait contribué à moderniser les forces terrestres et aériennes russes. L’enquête fait par exemple état de l’envoi de caméras thermiques destinées à équiper plus de 1 000 tanks. Deux modèles de la gamme « Catherine » de Thalès, permettant de détecter des cibles humaines en pleine nuit ou de repérer un véhicule dans un rayon de dix kilomètres — et qui auraient déjà servi à « ouvrir le feu » dans le Donbass en 2014 —, ainsi que les caméras thermiques « Matis STD » du groupe concurrent Safran, équipent donc potentiellement les chars actuellement déployés en Ukraine....

Contenu réservé aux abonnés

47 % de ce contenu restent à découvrir !

Pour le consulter, vous devez vous connecter ou vous abonner.

commentaireCommenter