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Dépressions, antidépresseurs… Les chiffres alarmants de la santé psychique post-restrictions Abonnés

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Un rapport publié par le groupe EPI-PHARE alerte sur la dégradation de la santé psychique des Français depuis un an. Un camouflet pour l’exécutif qui, en étant obnubilé par le Covid, a laissé un pan entier de la santé publique se délabrer.

Dépressions, antidépresseurs… Les chiffres alarmants de la santé psychique post-restrictions
Le 28 mai 2021

Malgré les multiples alertes formulées par de nombreux professionnels, comme la psychologue clinicienne Marie-Estelle Dupont, le gouvernement a relégué la santé mentale au second plan de sa gestion sanitaire. Et les premiers effets sont déjà dramatiques. Dans un rapport publié ce jeudi 27 mai, le groupement d’intérêt scientifique EPI-PHARE, constitué par la Caisse nationale d’assurance-maladie (Cnam) et l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) fait le bilan de la consommation des médicaments sur ordonnance délivrés en ville, à partir des données du Système National des Données de Santé (SNDS). Sur la période du 16 mars 2020, premier jour du premier confinement jusqu’au 25 avril 2021, ce sont cinquante-cinq classes thérapeutiques et 4 milliards de prescriptions médicamenteuses remboursées par l’assurance maladie à 51,6 millions d’assurés du régime général, qui ont été comparées au nombre attendu de prescriptions par rapport aux deux années précédentes.

Le premier point marquant de ce rapport — le sixième depuis le début de la crise –, c’est que la hausse des prescriptions d’anxiolytiques s’accélère. Leur nombre a augmenté de 7 % en 2020 et de 10 % sur les premiers mois de 2021. Les prescriptions d’hypnotiques, couramment appelés somnifères, ont augmenté de 1,4 million, + 400 000 pour les antipsychotiques. Cela démontre, pour le directeur adjoint d’EPI-PHARE, Alain Weill, « une médicalisation des troubles de l’anxiété et des troubles du sommeil ». Ce phénomène amorcé l’année dernière, lors du premier confinement, s’est amplifié en 2021. Avec un décalage temporel, les antidépresseurs ont également été plus prescrits.

Des pensées suicidaires chez les jeunes

Pourtant, les recommandations visant à réduire l’utilisation de ces molécules, étaient parvenu à amorcer une légère baisse ces dernières années. Le rapport souligne que « les instaurations d’antidépresseurs (+ 23 %), d’anxiolytiques (+ 15 %) et d’hypnotiques (+ 26 %) pour de nouveaux...

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