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17 millions de masques FFP2 rappelés après une défaillance des autorités sanitaires Abonnés

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Santé publique France a rappelé près de 17 millions de masques FFP2 pouvant contenir du graphène, un matériau potentiellement toxique. Si la défaillance des autorités de surveillance est avérée, ce nouveau scandale sanitaire pourrait altérer leur crédibilité.

17 millions de masques FFP2 rappelés après une défaillance des autorités sanitaires
Le 3 juin 2021

« Urgent – information de sécurité » : c’est ainsi qu’est intitulé un document passé quasiment inaperçu, publié par l’agence Santé publique France (SPF) sur le site de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Révélée par Mediapart il y a quelques jours, la note envoyée à de nombreuses structures médicales indique : « Votre structure est susceptible d’avoir été destinataire de masques labellisés “Biomass Graphène”. Dans l’attente de l’évaluation de l’éventuel risque lié à la présence de graphène dans ces masques, et par précaution, il vous est demandé de ne plus les utiliser. » Les 16,9 millions de masques FFP2 concernés proviennent d’un stock de 60,5 millions d’unités commandé en avril 2020 auprès du Chinois Shandong Shengquan New Materials.

À l’origine, c’est le ministère de la Santé canadien qui a tiré le signal d’alarme en premier. Le 25 mars, les autorités ont rappelé des millions de masques, considérant que le graphène pouvait « causer une toxicité pulmonaire précoce chez les animaux ». Le 2 avril, Santé Canada mettait en ligne une note invitant les Canadiens à « ne pas porter de masques contenant du graphène, car ils pourraient inhaler des particules de graphène, ce qui peut présenter des risques pour la santé ». Il aura donc fallu deux mois aux autorités sanitaires françaises pour se pencher sur la question.

Un « avis favorable » de l’ANSM

Ces masques labellisés CE — c’est-à-dire conformes aux réglementations européennes — seraient donc passés entre les mailles du filet ? Léger et ultrarésistant, ce nouveau nanomatériau très prometteur qu’est le graphène serait néanmoins susceptible de provoquer des risques de difficultés respiratoires en cas d’inhalation de particules. Il est par ailleurs classé parmi les biocides, ainsi définis par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Or,...

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